Muted Estonia – 2016

Le silence ou à peine un murmure, une discrétion modeste émergent de ces photographies.
La série de Julia Genet souligne toute la beauté subtile de l’Estonie.
Des sujets ordinaires, une chaise, un arbre dénudé, un banc…comme des tableaux que l’on voudrait éternels.
Guidée par un besoin essentiel d’harmonie et d’isolement, la photographe française s’est échappée de l’oppressante Paris pour un voyage de douce poésie.
Avec lenteur, elle y révèle une Estonie qui a su composer avec sa nature puissante et sublime.
Second voyage pour la photographe, qui s’est laissé charmer par ce pays d’Europe du Nord, au passé lourd d’occupations successives et à l’indépendance relativement récente après la première guerre mondiale.
Petit pays au mille quatre cents lacs, sur les bords de la mer Baltique, très soucieux de son environnement, il est recouvert pour moitié de bois et forêts.
Très peu peuplé, sur les photos, ses habitants se fondent dans le calme des paysages ou sont déjà partis.
Ici, on peut arpenter des heures les routes, les chemins, le long des immenses pins, et ne croiser personne ou quelques silhouettes au loin.
Lumières des contrées du Nord, cieux nuageux, douceur des contrastes, les photographies sont teintées de rose ou de jaune doré. Comme une palette de peintre.
Muted Estonia, comme un paysage aux sons étouffés — on peut également voir une référence à l’histoire de ce peuple soumis pendant des siècles, qui a trouvé son identité lentement. Une série apaisante, dans laquelle on prend le temps de s’arrêter sur les détails, les sensations, en opposition au rythme de vie des grandes cités européennes, pressées, compressés qui ne connaissent plus l’espace et le silence. 
Des instants suspendus, captés avec finesse, telle une bouffée d’air frais, pour les urbains hyper connectés que nous sommes.